Vue d'un couvent dans la campagne romaine - Marin Verstappen

Vue d\'un couvent dans la campagne romaine

Marin VERSTAPPEN
(Anvers 1773 - Rome 1853)

Huile sur toile
H. 0,98 m ; L. 1,38 m
Signée et datée en bas à gauche : Verstappen. f 1819

Date : 1819

Provenance : Collection privée

La formation artistique de Martin Verstappen se partage entre les cours de l’Académie d’Anvers et la fréquentation des ateliers de Van Regemorter, Myin et Ommeganck. Il se rend ensuite en Allemagne afin de parfaire son éducation : c’est là que la découverte et l’étude des œuvres de Claude Lorrain et Jacob van Ruysdael influencent de façon pérenne sa manière de peindre. Verstappen s’installe à Rome en 1805 et y demeure jusqu’à la fin de sa vie. Il y côtoie son compatriote Simon Denis, qui infléchit une orientation décisive à sa peinture. Les deux toiles qu’il expose au Salon de 1810, Vue prise du mont Artemisia et Vue du couvent de St-François, à l’Arricia, près le lac Albano, lui valent les honneurs d’une médaille d’or. Sa renommée grandissante lui permet d’être admis comme académicien de mérite à l’Académie de Saint-Luc en 1813.

Lorsqu’il peint cette toile, Verstappen est au faîte de sa carrière romaine. Reconnu par ses pairs, il compte parmi sa clientèle l’aristocratie italienne, mais aussi le roi de Naples, Louis de Bavière, ou encore Joséphine de Beauharnais. Ce début du XIXème siècle à Rome se caractérise alors par l’émulation qui règne entre artistes français et étrangers. Elle est particulièrement vive chez les peintres de paysages, dont les fréquentes excursions dans la campagne romaine contribuent à renouveler le langage pictural. Ce genre accède dans le même temps à une reconnaissance officielle avec la création en 1817 du Prix de Rome du paysage historique. La peinture de paysage se trouve alors à la charnière entre la préciosité néoclassique héritée du siècle précédent et les aspirations naturalistes annonciatrices des préoccupations réalistes.

Verstappen va ainsi contribuer à transformer l’art du paysage et à l’inscrire dans la modernité. Il travaille en s’appuyant sur des études en plein air, et ses vues pittoresques s’attachent à rendre la beauté des sites de la campagne romaine. Notre tableau reprend les principes d’une composition équilibrée : à un premier plan placé dans l’ombre, succède un plan baigné par la douce lumière italienne. L’effet de profondeur est accentué par l’emploi d’une perspective aérienne en arrière-plan, ainsi que de coulisses sur les côtés, matérialisées par un arbre foudroyé à droite et une masse rocheuse à gauche, qui cadrent la composition et guident l’œil du spectateur vers le centre du tableau. Celui-ci est occupé par un ensemble monastique à l’architecture typique. La sortie de l’office est prétexte à décliner de multiples groupes de personnages en costume traditionnel qui contribuent à animer le paysage et participent à l’harmonie générale.

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