Scène de sorcellerie - Dominicus Van Wijnen  ou Wynen dit Ascanius

Scène de sorcellerie

Dominicus VAN WIJNEN OU WYNEN DIT ASCANIUS
(Amsterdam 1661 - après 1690)

Huile sur toile
H. 0,73 m ; L. 0,57 m
Monogrammé en bas à gauche : DX F

Date : vers 1685

Provenance : Collection privée, France

Artiste hollandais, Dominicus van Wijnen est l’élève du peintre d’histoire Willem Doudyns à La Haye. Dans les années 1680, il est présent à Rome et devient membre de la confrérie de peintres néerlandais, Schildersbent , où il porte le surnom Ascanius (fils d’Enée). Il retourne à Amsterdam avant 1690, et à partir de cette date on perd toute trace de sa vie. Van Wijnen est un passionné de littérature antique et moderne et se spécialise dans des sujets excentriques à contenu mystérieux.

Notre tableau juxtapose des personnages réels et surnaturels dans une scène nocturne qui a lieu en dehors d’un village. A gauche de la composition, une femme accompagne un adolescent, qui ne semble pas pouvoir la voir. Elle tient dans une main un livre et dans l’autre un bâton. A côté de ses pieds nus est représenté un lion, symbole du courage. Cette femme représente probablement une allégorie de la force, qui caractérise donc la jeunesse.
Le reste de la composition contient un ensemble d’éléments appartenant clairement au monde de la sorcellerie. En effet, il est question ici de la mort et de l’amour. Des génies malfaisants, à droite un démon tenant le miroir, et le Diable sous forme d’une vieille femme sur un bouc qui surplomb la composition, ont été invoqués. Apparemment, un pacte a été conclu avec le Diable, par lequel le protagoniste lui a livré son âme pour l’éternité en échange d’une délégation temporaire de son pouvoir. La scène centrale représente vraisemblablement le Diable qui vient récupérer l’âme du pendu, qui passe à travers d’un anneau - symbolisant l’éternité - placé au-dessus du gibet.

D’autres éléments ayant trait à la sorcellerie sont représentés : Le feu au centre de la composition, un symbole de transmutations physiques, morales et mystiques. Près du feu est installé un chat, serviteur des enfers ainsi qu’un bébé endormi, souvent victime des orgies de sorcellerie.

La clé du tableau se trouve probablement dans le groupe de personnages au premier plan à droite. Un cadavre d’un jeune homme et une jeune femme de dos vêtue très partiellement de fines draperies et de peaux de bêtes, sont des figures de repoussoir, comme Van Wijnen les utilise souvent. Le visage de la jeune femme réapparaît sur le miroir que regarde un homme cuirassé à côté d’elle. Cette jeune femme avec une mouche sur son dos et un serpent à la main, doit incarner le mal qu’a provoqué la chute de l’homme. La cuirasse symbolise la résistance, mais cet homme ne résiste pas à la séduction de la jeune femme. Il y a un sortilège dans l’histoire car c’est un démon qui lui tend le miroir. Il s’agit d’une vision sombre de la condition de l’homme livré aux charmes des femmes, perçus comme dangereuses.

Ce tableau constitue une rareté que l’on peut situer parmi les scènes mythologiques et les allégories fantasques chères à Van Wijnen, qu’on retrouve également chez Salvator Rosa, dont les gravures étaient très répandues dans la seconde moitié du XVIIe siècle.


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