Aqueduc Médicis à Arcueil - Jean-Victor Bertin

Aqueduc Médicis à Arcueil

Jean-Victor BERTIN
(Paris 1767 - id. 1842)

Huile sur toile
H. 0,49 m ; L. 0,35 m

Date : vers 1805-1810

Provenance : Collection particulière, France

La vue est prise à Arcueil, dans la vallée de la Bièvre, face à l’une des arches centrales de l’aqueduc Médicis (1), en regardant vers le sud en direction de Cachan. A cet endroit, la Bièvre, en partie canalisée, se divisait en plusieurs ruisseaux qui traversaient par des ouvertures garnies de grilles l’ancien mur d’enceinte du jardin du château des Guise du côté de la maison dite de la Faisanderie.

Avec un grand souci de fidélité topographique, la facture fluide et précise de notre tableau, jouant des contre-jours, s’attache à décrire le jeu de la lumière qui, d’après l’orientation et les ombres portées sur les pierres, semble être celle d’un après-midi d’été. Les petites arcades du second plan et leur reflet viennent en écho à celle du premier plan. L’arcade qui encadre le ciel et les arbres révèle le contraste entre architecture et végétation ; elle dessine une mise en scène originale et unique dans l’œuvre de Bertin. Corot, son élève, saura adopter ce cadrage pour une vue du Colisée lors de son séjour à Rome en 1825.

Est-ce le pittoresque du lieu, une commande ou une maison accueillante, on ne sait, mais Bertin semble avoir apprécié les environs et particulièrement cet endroit dont il peignit trois autre vues, toutes prises dans un rayon d’une vingtaine de mètres autour de l’aqueduc : Vue de la Faisanderie (au sud de l’aqueduc en regardant vers l’est), Vue de l’aqueduc (vers l’est, du côté d’Arcueil), et une autre version, variante de notre tableau, sensiblement de mêmes dimensions (musée de l’Ile-de-France, Sceaux). Pour cette dernière, animée d’un jeune garçon près de la barrière, l’artiste a posé son chevalet un ou deux mètres vers la gauche, changeant ainsi l’angle de vue et la perspective. La topographie des lieux au début du XIXème siècle, connue par une série de gravures, d’aquarelles et par le tableau de 1812 de C. W. Eckersberg, permet de dater cette série de tableaux de Bertin, peints lors d’un ou plusieurs séjours, entre 1805 et 1810.

(1) Projeté par Henri IV, l’aqueduc fut construit entre 1613 et 1623 par Marie de Médicis pour alimenter son château et le jardin du Luxembourg. Edifié à l’emplacement de l’ancien pont-aqueduc gallo-romain de Lutèce, dont il reste deux piliers accolés aux arches du nouvel aqueduc, il mesure 479 mètres avec 9 arcades et 17 contreforts. Au XVIIIème siècle, des habitations furent construites entre les arcades.


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