Riche et Pauvre - Alfred de Dreux

Riche et Pauvre

Alfred de DREUX
(Paris 1810 - id. 1860)

Huile sur toile
H. 0,70 m ; L. 0,90 m
Signée en bas à droite : Alfred De Dreux

Date : 1845

Provenance : Collection privée

Exposition : Paris, Salon de 1845, no. 420.

Bibliographie : Jeanne Doin, « Alfred de Dreux (1810-1860) », Gazette des Beaux-Arts, vol. 63, octobre 1921, p. 244.
Marie-Christine Renauld, L’Univers d’Alfred De Dreux, 1810-1860, suivi du catalogue raisonné, Actes Sud, 2008, p. 121.

Œuvres en rapport : L’œuvre a été lithographiée par Alfred Cornillier et imprimée par Goupil & Vibert en 1860 (BN, cabinet des estampes, DC 239, Folio, IFF 1 no. 16).

Élève de Léon Cogniet et fervent admirateur de Delacroix, Alfred de Dreux se lie avec Théodore Géricault, dont les peintures équestres ont une influence déterminante sur son œuvre. Il expose au Salon dès 1831, et connaît un succès immédiat tant auprès des amateurs que de la critique. Il est alors adopté par la noblesse française et anglaise qui apprécie l’élégance de ses œuvres : il compte ainsi parmi ses mécènes le duc d’Orléans, le duc d’Aumale, et la reine Victoria. Ce dandy parisien, chroniqueur des chasses à cour, des officiers à cheval, des courses et des élégantes amazones, devient dès lors l’une des figures les plus en vue des règnes de Louis-Philippe et de Napoléon III.

Au cours de ses nombreux séjours en Angleterre, Alfred de Dreux a l’occasion d’approfondir l’étude des peintres animaliers d’Outre-Manche, et développe un goût fort prononcé pour la représentation des chiens de race. Nul doute qu’il a eu alors connaissance des tableaux d’Erwin Landseer (1802-1873). La similitude entre notre tableau et les deux pendants Low Life - High Life (Prolétariat et Aristocratie), exposés en 1831 à la British Institution et aujourd’hui conservés à la Tate Gallery, est en effet flagrante. Titre et idée sont ici pastichés, et s’inscrit dans une longue tradition littéraire et picturale de contraste entre deux caractères susceptible d’offrir matière à réflexion.
L’artiste oppose ici deux chiens appartenant à des mondes différents, et joue sur les contrastes. Un lévrier élancé, parangon du chien racé et raffiné, portant un collier de cuir et un couvre-reins grenat orné des armes de son propriétaire tend élégamment sa patte à son congénère. Ce dernier, un chien robuste, probablement bâtard, attaché par une simple corde, lui tend son écuelle de bois. L’opposition entre les deux chiens est renforcée par la division de l’espace : un élégant hôtel particulier à droite, et un simple mur de briques à gauche.

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