Elisabeth Keating jouant de la guitare, vue du Vatican en arrière plan - Jean-Auguste-Dominique Ingres

Elisabeth Keating jouant de la guitare, vue du Vatican en arrière plan

Jean-Auguste-Dominique INGRES
(Montauban 1780 - Paris 1867)

Mine de plomb sur papier blanc
H. 270 mm ; L. 210 mm
Signé, situé et daté à la plume en bas à droite Ingres Del. Roma 1816

Date : 1816

Provenance : Descendance directe d’Elisabeth Keating Vente Sotheby’s, New York, 27 novembre 1991, lot 183a

Ingres entre dans l\'atelier de David en 1797 et obtient le grand prix de Rome en 1801, avec les Ambassadeurs d\'Agamemnon. Lors de son séjour à Rome de 1806 à 1822, il réalise de nombreux portraits, activité qu\'il développe lorsque la disparition de l\'administration impériale retire tout soutien financier aux jeunes artistes de l\'Académie de France à Rome.
De retour à Paris, l\'artiste ouvre un atelier rue Visconti qui sera très fréquenté, où il enseigne sa théorie de la peinture et du dessin. Il est ensuite nommé directeur de l\'Académie de France à Rome de 1835 à 1841, puis rentre à Paris en 1842 où il obtient tous les honneurs et de nombreuses commandes officielles.
En 1815, la chute de l\'Empire napoléonien met un terme au blocus continental qui a empêché les anglais de traverser la Manche pendant une décennie. La tradition du « Grand tour » est ré-instaurée et nombreux sont les visiteurs qui partent pour Rome dès cette année-là.
Elisabeth Keating est ici représentée avec une vue de Saint-Pierre en arrière-plan. Elle est la fille du colonel irlandais Keating et de Lady Martha Brabazon, elle même seconde fille d\'Anthony, huitième Comte de Meath. Officier de carrière, le colonel Keating a voyagé avec George Payne en France, en Espagne et au Maroc en 1784. Il a quitté l\'armée en 1796 et est devenu écrivain. Durand l\'année où Ingres exécute le portrait de sa fille, il publie ses Travels through France, Spain and Morocco.
L\'intérêt qu\'il porte pour la culture espagnole peut expliquer la description inhabituelle d\'un personnage assis jouant de la guitare, instrument qui devient populaire à travers tout l\'Europe au début du XIXème siècle grâce aux virtuoses espagnols Sor et Aguado. L\'intérêt d\'Ingres pour la musique est notoire, mais ce portrait est le seul dans lequel il dessine cet instrument. Quelques années plus tard, Ingres représente une autre anglaise, Miss Elisabeth Ann Rawdon, posant sa main sur un piano forte. Un autre détail remarquable est le soin avec lequel Ingres indique que le corselet de la robe porte un tartan.
Miss Keating est dessinée dans une loggia surplombant le Vatican. Dr Hans Naef a fait remarqué que le paysage en arrière-plan représente le Vatican vu de l\'Arco Oscuro et a été réutilisé à deux reprises par Ingres dans des portraits dessinés : une première fois pour Charles Marcotte en 1811, et à nouveau en 1815 pour Lord Grantham (H. Naef, in Portraits by Ingres, Images of an époque, cat. d\'exposition, Metropolitan Museum of Art, New York, 1999, p. l22, fig. 112 et n°64).
L\'attribution de ce dessin a été confirmé par Hans Naef, un an après son apparition sur le marché en 1991. Le dessin n\'avait jamais quitté la famille d\'Elizabeth Keating. Celle-ci avait épousé Claude Alexander of Ballochmyle (1789 - 1845) ; elle est morte en 1843.



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