La découverte d'Erichthonios par les filles de Cécrops - Peter Paul Rubens

La découverte d\'Erichthonios par les filles de Cécrops

Peter Paul RUBENS
(Siegen 1577 - Anvers 1640)

Huile sur panneau
H. 0,37 m ; L. 0,50 m
Au verso sceau de cire de la collection Colas de Marolles

Date : 1613-1615

Provenance : Collection famille Colas de Marolles
Probablement vente Van Schorrel, Anvers, 1774
Collection Dr. Victor Bloch, Vienne (comme Peter Paul Rubens)
Vente XVIII, Gilhofer & Ranschburg, Lucerne, 30/11/1934, lot 40
Vente H. W. Lange, Berlin, 18-19/11/1938, lot 180
Depuis la fin des années 1930 dans une collection privée en Allemagne de l’Ouest
Vente Lempertz, Cologne, 18/11/2006, lot 1133 (comme Peter Paul Rubens)

Bibliographie : Antoine Seilern, Flemish Paintings and Drawings at 56 Prince’s Gate, London 1955, p. 41-43, no. 22.
Andor Pigler, Barockthemen: eine Auswahl von Verzeichnissen zur Ikonographie des 17. und 18. Jahrhunderts, t. II (Profane Darstellungen), Berlin, 1956, p. 77.
Julius Samuel Held, The oil sketches of Peter Paul Rubens: a critical catalogue, Princeton, 1980, t. I, p. 318-319, no. 231 (comme Peter Paul Rubens et év. la première version).
Michael Jaffé, Rubens, Catalogo Completo, Milan, 1989, p. 208, no. 319 (comme copie d’époque d’après le bozzetto anciennement collection Seilern, aujourd’hui au Courtauld Institute, Londres).
Johann Kräftner, Peter Paul Rubens - The Masterpieces from the Viennese Collections, Vienne, 2004, p. 131, no. 29.
Fiona Healy, « Mythological Subjects », Corpus Rubenianum Ludwig Burchard, t. XI (à paraître).

Œuvres en rapport : Notre tableau est une esquisse pour le tableau final de Rubens, huile sur toile, H. 2,18 ; L. 3,17 m, vers 1615, conservé au musée Liechtenstein, Vienne.
Une autre esquisse se trouve au Courtauld Institute, Londres.

CERTIFICATS :
Max Friedländer (comme Peter Paul Rubens)
Gustav Glück (comme Peter Paul Rubens)
Robert Eigenberger (1931), comme Peter Paul Rubens (“unzweifelhafte eigenhändige Studie des Peter Paul Rubens”) (L’original de ce certificat a disparu, mais il est cité dans la littérature.)
Hans Vlieghe qui a examiné le tableau en 2006 dans l\\\\\\\'original, le considère un travail authentique de Peter Paul Rubens et le met comme qualitativement équivalant à la version de Londres. L\\\\\\\'examen dendrochronologique du panneau de bois en 2006 effectué par Prof. Peter Klein, Hambourg, a relevé le chêne a été coupé entre 1610 et 1619.
Fiona Healy (2011), a examiné le tableau en l’original et prévoie sa publication dans le t. XI du Corpus Rubenianum Ludwig Burchard, comme première version de Peter Paul Rubens.
Prof. Dr. Justus Müller-Hofstede (2012), Bonn (comme Peter Paul Rubens).


Cette esquisse librement exécutée nous frappe par la sureté de son exécution, par l’inventivité de sa composition et la spontanéité de la touche, caractéristiques de l’art de Peter Paul Rubens. Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide, qui décrit le mythe de l\\\\\\\'Erichthonios, fils du dieu Héphaïstos, qui deviendra le quatrième roi légendaire d\\\\\\\'Athènes.
Héphaïstos a tenté de violer la déesse vierge Athéna. Puisque celle-ci a réussi à lui échapper, le sperme d’Héphaïstos est tombé par terre et a été recueilli par Gaïa, la déesse de la Terre, qui donne naissance à Erichthonios. Elle le confie à Athéna qui remet ensuite l\\\\\\\'enfant, enfermé dans un coffre, aux filles de Cécrops, Pandrose, Hersé et Aglaure, tout en leur défendant formellement de l\\\\\\\'ouvrir. Les sœurs négligent les instructions de la déesse, ouvrent le coffre et trouvent Erichthonios, dont le corps se termine par une queue de serpent. On attribue à Erichthonios la création des Panathénées et l\\\\\\\'invention du char à quatre roues, sur lequel Zeus l\\\\\\\'enlève ensuite au ciel pour en faire la constellation du Cocher.
Le sujet de la \\\\\\\"découverte d\\\\\\\'Erichthonios\\\\\\\" est plutôt rare dans l’iconographie baroque et cela prouve, selon Johann Kräftner, \\\\\\\"la grande culture humaniste qu’avait Rubens, et en particulier sa connaissance des auteurs antiques, dont il possédait un grand nombre d’ouvrages dans la vaste bibliothèque à Anvers.\\\\\\\"

Friedländer considérait notre tableau dans son expertise comme \\\\\\\"une esquisse très vivante et remarquable de Rubens pour un tableau conservé dans la galerie Liechtenstein à Vienne\\\\\\\".
Robert Eigenberger, directeur de la Gemäldegalerie der Akademie der Bildenden Künste à Vienne, donnait un avis déterminé dans son expertise de 1931 : \\\\\\\"L\\\\\\\'esquisse avec la composition \\\\\\\'Les filles du Cécrops et le petit Erichthonios\\\\\\\', dont un tableau grandeur nature se trouve dans la collection des princes de Liechtenstein à Vienne et une deuxième version au Belvoir Castle que je ne connais pas en l’original, est d’après ma conviction une étude incontestablement faite de la main de P. P. Rubens. Mon verdict ne changerait pas, même si une deuxième ou troisième esquisse préparatoire pour ce même tableau surgissait, puisque la touche enlevée de cette esquisse ne pourra jamais être attribuée de manière convaincante à un de ses collaborateurs d’atelier.\\\\\\\"
Gustav Glück, grand connaisseur de Rubens, considérait notre tableau comme \\\\\\\"apparemment la première pensée du maître pour le tableau de la galerie Liechtenstein. Peut-être s’agit-il ici de l’esquisse de la vente aux enchères van Schorel à Anvers en 1774\\\\\\\".
Julius S. Held avait une opinion semblable à Friedländer, Glück et Eigenberger. En comparaison avec l’esquisse pour le même tableau conservée au Courtault Institute, il considérait notre tableau comme plus vivant et détaillé. Mais ne le connaissant pas en l’original, il devait reconnaître, sous réserve, la version du Courtauld Institute comme la première version. En 1980, Held donne l’opinion suivant sur notre tableau : \\\\\\\"Cette esquisse des filles de Cécrops possède des certificats de M. J. Friedländer et de Gustav Glück, les deux très décidés dans leur attribution de l’œuvre à Rubens. Le comte Seilern déclare dans son catalogue qu\\\\\\\'il n\\\\\\\'a jamais vu le tableau original, et il m’est aussi inconnu à moi, mis à part la reproduction dans les catalogues de ventes, dont celui de 1938 est le mieux. L’esquisse de l\\\\\\\'ancienne collection Bloch [notre tableau] est clairement un travail de qualité considérable et dans quelques détails semble avoir été plus précis\\\\\\\".

Certains détails sont nettement plus faibles dans la version du Courtauld Institute. Le tableau achevé se différencie par plusieurs détails des deux esquisses. Ce n’est que dans le tableau final que Rubens place le petit cupidon entre les trois sœurs. Celui-ci regarde vers Hersé, la plus belle des sœurs qui aura plus tard une relation d\\\\\\\'amour avec le dieu Hermès. Hermès est représenté sous forme d’une statue de pierre dans le parc. La servante déjà présente dans notre tableau, devient la figure d’une vieille nourrice, qui souligne que Hersé donnera naissance à Céphale, fruit de leur relation.
Julius S. Held écrit en 1980 à propos de la fascination des esquisses à l\\\\\\\'huile de Rubens : \\\\\\\"Les esquisses à l\\\\\\\'huile sont particulièrement attractives aux yeux du spectateur moderne. Ils sont admirés en raison de la délicieuse spontanéité de leur exécution, l\\\\\\\'économie des couleurs, le sens qu\\\\\\\'ils véhiculent d\\\\\\\'une imagination débordante et pourtant merveilleusement contrôlée, et la capacité de l\\\\\\\'artiste à exprimer, dans les limites de très petites surfaces, des compositions qui dans leur forme définitive couvrent très souvent des murs entiers ... »
L\\\\\\\'examen dendrochronologique du panneau par Prof. Peter Klein, Hambourg, a révélé que l\\\\\\\'arbre utilisé a probablement été coupé 1610-1619. Compte tenu d\\\\\\\'une durée minimale de deux ans de stockage avant utilisation, l’exécution du tableau dans les années 1613-1619 peut être supposée. Dr. Hans Vlieghe, l\\\\\\\'un des plus grands experts de Rubens de notre temps, anciennement Rubenianum, Anvers, a également examiné le tableau dans l\\\\\\\'original. Il croit qu’il est d’une qualité équivalente au tableau du Courtauld Institute, Londres, et il n\\\\\\\'a aucun doute sur son authenticité.

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