Portrait du Prince de Metternich - Lorenzo Bartolini

Portrait du Prince de Metternich

Lorenzo BARTOLINI
(Prato 1777 - Florence 1850)

Marbre blanc
H. 0,69 m (avec le socle) ; L. 0,29 m
Socle : hauteur 0,17 m, diamètre 0,23 m
Inscription à l\\\'arrière de l\\\'appui : IN.MILANO / XXV / GIUGNO / MDCCCXXV

Date : 1825

Provenance : Comtesse V.G. héritière Metternich Collection privée, France

Œuvres en rapport : - Plâtre préparatoire conservé à la Gipsoteca Bartolini, Florence, Galleria dell’Accademia, voir Lorenzo Bartolini. Mostra delle attività di tutela. Celebrazioni di Lorenzo Bartolini nel bicentenario della nascita, 1777-1977, catalogue de l’exposition de Prato, Palazzo Pretorio, février - juin 1978, Florence, 1978, p. 73, no. 4.
- Un exemplaire similaire en marbre blanc, sans inscription, Galerie Maurizio Nobile, Bologna-Paris ; voir Eugenio Busmanti, Maurizio Nobile. Visages en pose ritratti dipinti, scolpiti e fotografati, catalogue d’exposition, Antichità Nobile, 26 septembre - 8 novembre 2008, Bologna, 2008, p. 52-55 ; et Annarita Caputo, Lorenzo Bartolini scultore del bello naturale, catalogue d’exposition, Florence, Galleria dell’Accademia, 31 mai - 6 novembre 2011, Florence, 2011, p. 220-222, no. 21.
- Un exemplaire similaire en marbre blanc, château Metternich à Lázně Kynžvart (anciennement Königswart), République tchèque.
- Un exemplaire similaire en plâtre, calque du marbre, avec l’inscription à l\\\'arrière de l\\\'appui : IN MILANO / XXV / GIUGNO / MDCCCXXV / DA / BARTOLINI, château Metternich à Lázně Kynžvart (anciennement Königswart), République tchèque.
- Un exemplaire similaire en plâtre, calque du marbre, avec l’inscription à l\\\'arrière de l\\\'appui : IN MILANO / XXV / GIUGNO / MDCCCXXV / DA / BARTOLINI, est dans la collection du comte Filippo Beraudo di Pralormo, Pralormo, Italie, provenant de la collection du comte Carlo Beraudo de Pralormo, ambassadeur en Autriche-Hongrie de 1821 à 1831.
- Une lithographie de ce buste par Nicola Monti a été publiée en 1826.

Le sculpteur Lorenzo Bartolini est le plus grand portraitiste de la première moitié du XIXe siècle italien, voire européen, si l’on compare l’étendue de sa production de portraits à celle de Canova ou de Thorvaldsen. Presque six-cents modèles en plâtre de sa facture, préparatoires à un nombre équivalent de sculptures, nous sont parvenus aujourd’hui. Environ quatre-cents représentent des portraits individuels, quelquefois à mi-corps, ou même en pied. Cet ensemble est conservé à la Gipsoteca Bartoliniana qui fait partie de la Galleria dell’Accademia de Florence. Il existe une liste complète de l’identité de ces portraits, dont les numéros renvoient aux étiquettes appliquées sur les plâtres, mais la plupart ont été perdues, ce qui rend impossible l’identification des personnages. Le portrait du prince de Metternich, dont les traits sont universellement reconnus, échappe fort heureusement à cette lacune.

Comme dans la plupart de ses sculptures, Bartolini utilise ici le noble marbre blanc de Carrare. Ce buste est réalisé « à l’antique », pour reprendre la terminologie de Bartolini, c\\\'est-à-dire dépourvu de draperie, comme pour signifier que le protagoniste est idéalement portraituré à nu, selon le principe inauguré par Canova avec son illustration colossale de Napoléon. Son modèle en plâtre est conservé à la Gipsoteca Bartoliniana de la Galleria dell’Accademia.

Clément Wenceslas Lothaire, prince de Metternich-Winneburg (1773-1859) était un célèbre diplomate et grand ministre autrichien. Appelé « cocher de l’Europe », Metternich était l’organisateur du congrès de Vienne (1814-1815), conférence des représentants diplomatiques des pays vainqueurs de Napoléon Ier, pour déterminer les frontières et tenter d\\\'établir un nouvel ordre pacifique en Europe.
Le comte Fédor Golovkin le décrit ainsi : « Bien fait, bien mis, fort blond, fort pâle ; son air distrait qui passait pour romantique auprès des femmes, passait pour réfléchi auprès des hommes... ».

Cette sculpture témoigne du style de Bartolini, reconnaissable dans le traitement particulièrement fluide et naturel de la chevelure, l’attachement à la vérité des traits, noblement idéalisés, le rendu scrupuleux des cils, la finesse de la bouche, qui parviennent à traduire à la fois la séduction et le génie politique de cet homme d’Etat. L’artiste réussit à suggérer le regard de Metternich qui semble maintenir le spectateur à distance. Bartolini était considéré comme le sculpteur et portraitiste préféré de la haute société, et ce à une époque où le portrait sculpté était davantage considéré comme un attribut social que le portrait peint. Il parvient invariablement, et de manière incomparable, à transmettre à ses personnages une dignité, une noblesse, une conscience de leur statut social, grâce à un port de tête, une légère torsion du cou, ou un détail subtil, qui confèrent à ses protagonistes le sentiment d’être les derniers héros d’un monde en pleine mutation.

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