Femmes d'Arles - Théodore Chassériau

Femmes d'Arles

Théodore CHASSéRIAU
(St-Domingue 1819 - Paris 1856)

Huile sur toile
H. 0,33 m ; L. 0,25 m
Signé et daté en bas à gauche : Th. Chassériau 1851

Date : 1851

Provenance : Isaac Pereire, 1864-1893 Collection privée

Exposition : 1851, Salon de Bordeaux, n° 105 («Etude peinte»)

Bibliographie : Pereire, 1864, C. n° 87.
Marc Sandoz, Théodore Chassériau, Catalogue Raisonné des peintures et estampes, Paris, 1974, n° 201 (“Localisation inconnue’’).
Mr. Jean-Baptiste Nouvion, in the «Théodore Chassériau Association”, inclut cette peinture dans le corpus de l’artiste.

Peint en 1851, ce charmant tableau est mentionné comme perdu dans le catalogue raisonné de l’œuvre de Chassériau par Marc Sandoz. Récemment redécouverte dans une collection privée, elle montre deux femmes et une enfant de la ville d’Arles où Chassériau fit étape lors du voyage qui le conduisit en Algérie en mai 1846.

Formé dans l’atelier d’Ingres, Chassériau reçut la commande d’un portrait d’Ali-Ben-Hamet, calife de Constantine qui invita le jeune peintre à visiter la ville. Ce séjour eut une profonde et durable influence sur l’œuvre de l’artiste qui découvrit la lumière et les couleurs de l’Afrique du Nord et rapporta une moisson de nouveaux sujets.
En passant par Avignon et Arles, Chassériau peignit plusieurs études représentant des femmes en costumes traditionnels. Le 8 mai, il écrivit à son frère : « J’ai vu à nouveau Arles et Avignon en détail. J’ai fait là des choses qui seront sûrement utiles plus tard.». Cinq ans plus tard, il peignit les “ Femmes d’Arles”.

Portant des paniers remplis de victuailles, les trois femmes reviennent sans doute du marché. Leurs coiffures assez élaborées, typiques des années 1845-1850, consistent en une étoffe appelée “cravate” nouée sur le front et laissant apparaître une mèche de cheveux de chaque côté du visage. Celle de gauche porte une écharpe verte sur une blouse et une jupe assorties, l’autre un tablier et des boucles d’oreille.

Né à Saint-Domingue, Chassériau fut élevé à Paris par son frère ainé qui encouragea son goût pour le dessin. A l’âge précoce de 11 ans, il entra dans l’atelier d’Ingres où son premier apprentissage fut basé sur un solide enseignement académique du dessin. Ingres le considérait comme son meilleur élève. Malgré le départ de son maître pour Rome où il était nommé directeur de la Villa Médicis, Chassériau exposa avec succès au Salon pour la première fois en 1836, à l’âge de 17 ans.
Après un voyage en Italie qui le déçut, Chassériau commença à se tourner vers l’Orient et évolua vers une manière plus inspirée par Delacroix et plus colorée. D’un séjour en Algérie en 1846, il rapporta de nombreuses études peintes et aquarelles, une source d’inspiration qu’il utilisa jusqu’à la fin de sa vie.
Pratiquant tous les genres, Chassériau peignit des sujets religieux ou historiques ainsi que des portraits, il exécuta des décors pour des églises ou des bâtiments civils et fut également graveur. Dans tous ces domaines, il sut allier le classicisme et le romantisme.
Certains critiques dénoncèrent son évolution et l’accusèrent de pasticher ses ainés Ingres et Delacroix. Ingres, profondément blessé par ce qu’il appelait la «renonciation» de son ancien élève favori, ne lui pardonna jamais. Chassériau décéda à 37 ans.

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