François, le fils de l'artiste - Edmond Aman-Jean

François, le fils de l'artiste

Edmond AMAN-JEAN
(Chevry-Cossigny 1858 - Paris 1936)

Huile sur toile
H. 0,65 m ; L. 0,46 m

Date : 1930

Provenance : Collection de la famille de l’artiste, France

L’art d’Aman-Jean figure parmi les nombreuses apparitions du symbolisme français, mouvement des années 1880 et 1890 qui se tourna vers une réalité invisible, un monde onirique et spirituel. Plein de subjectivité, le symbolisme s’opposa au positivisme scientifique et au naturalisme bourgeois. Aman-Jean pratiqua un symbolisme apaisé, dans lequel dominaient les figures féminines. Par l’attention portée à leurs regards mélancoliques et sourires mystérieux, il sut capter une dimension psychologique.

Son nom d’artiste fait allusion à Saint-Amand, village au bord de l’Escaut dans les Flandres, où il passa sa petite enfance. Orphelin à l’âge de dix ans, il fut confié à un oncle à Paris avant d’être pensionnaire chez les jésuites. Prenant des cours de dessin, il se lia d’amitié avec Georges Seurat. En 1878, il entra à l’Ecole des Beaux-Arts où il travailla dans l’atelier d’Henri Lehmann, élève d’Ingres. Aman-Jean prolongea à sa manière les formules du portrait ingresque. À partir de 1882, Aman-Jean suivit les cours du portraitiste Ernest Hébert, qui l’influença durablement. En 1883, Aman-Jean, Seurat et un autre ami peintre, Ernest Laurent, commencèrent à fréquenter l’atelier de Puvis de Chavannes, et participèrent à la mise au carreau du Bois sacré. En 1885, Aman-Jean et Laurent partirent en Italie. Ensemble ils visitèrent Venise, Rome et Naples et découvrirent les Primitifs et Raphaël.
En 1892, Aman-Jean peignit son fameux Portrait de Verlaine (Metz, musée des Beaux-Arts), qui lui dédia un sonnet et qui resta un ami proche. L’artiste arrêta d’exposer au Salon des artistes français et rejoignit la Société national des beaux-arts, dont le salon représenta le fief de la peinture intimiste jusqu’au début des années 1920. La même année, il épousa Thadée Jacquet, peintre elle aussi. En 1899/1900, le couple Aman-Jean, atteint de la tuberculose, fit un séjour sur la côte d’Amalfi, où l’artiste élabore beaucoup de portraits au pastel, dans des tonalités plus claires.
À partir de 1900, l’intimisme supplanta totalement le symbolisme. Aman-Jean devint membre de la Société nouvelle des peintres et sculpteurs à la galerie Georges Petit, regroupant plusieurs peintres intimistes autour d’Aman-Jean (Henri Martin, Henri Le Sidaner, Henri Duhem), qui suscitèrent les éloges des critiques et du public. À partir de 1902, Aman-Jean se rendit aux Etats-Unis chaque année pendant plusieurs mois, remportant un franc succès avec ses portraits et grands décors. L’artiste participa régulièrement à des expositions internationales, à Pittsburgh, Munich, Gand, Prague, Barcelone. En 1921, il exposa au Japon et de très importants collectionneurs, comme Matsukata, achetèrent abondamment ses œuvres. Vers la fin de sa vie, Aman-Jean adopta une écriture plus libre qui n’est pas sans rappeler Renoir. En collaboration avec Bourdelle et Besnard, il créa le Salon des Tuileries.

En 1970, le musée des Arts décoratifs montra une rétrospective Aman-Jean. Dès lors, toutes les rétrospectives symbolistes montrèrent des œuvres du peintre. Une thèse lui fut consacrée en 1988 par Lynne Leona Lokensgard (université de Kansas). En 1993 parut la monographie de Patrick-Gilles Persin, Aman-Jean peintre de la femme. En 2004, l’exposition Aman-Jean. Songes de femmes de Yann Farinaux-Le Sidaner fut montrée à Douai, Carcassonne et Bourg-en-Bresse.

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